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Estan locos estos franceses...

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Un album d'Astérix sur les droits de l'enfant provoque la controverse
LE MONDE | 30.05.07 | 16h29 • Mis à jour le 30.05.07 | 16h29

stérix, qui a l'habitude de provoquer des bagarres, vient de susciter une controverse inattendue sur... la convention des Nations unies sur les droits de l'enfant de 1989. Pour promouvoir ce texte dans un esprit "ludique et pédagogique", la défenseure des enfants, Dominique Versini, a décidé, au printemps, d'utiliser les images de l'irréductible Gaulois dans un album destiné à promouvoir les droits de l'enfant.

"L'une de mes missions consiste à faire connaître la convention internationale, explique-t-elle. A l'occasion de ses 80 ans, Albert Uderzo nous a proposé un travail commun autour des droits des enfants. Et nous avons pensé que les aventures d'Astérix nous permettraient de parler aux enfants de leurs droits avec humour et tendresse." Ce geste n'a guère été apprécié par Jean-Pierre Rozenczveig, qui dirige la section française de Défense des enfants international, une ONG créée en 1979 afin de contribuer à l'écriture de la convention.

"VISION GAULOISE"

Pour le président du tribunal pour enfants de Bobigny, l'image d'Astérix donne une "vision gauloise des droits de l'enfant qui ignore la réalité interculturelle de la société française". Surtout, il "dénature" la convention en faisant de l'enfant, non pas un être qui accède peu à peu à la maîtrise de ses droits, mais une petite chose fragile à protéger.

Actuellement disponible sur Internet (www.asterix.com/droits-des-enfants/), L'Album des droits de l'enfant résume la convention en douze chapitres illustrés par des images issues des albums d'Uderzo qui évoquent aussi bien le droit à vivre en famille que le droit de bénéficier d'une "justice adaptée à son âge".

Pour Jean-Pierre Rosenczveig, L'Album ignore "l'aspect révolutionnaire" de la convention des Nations unies. "Ce texte sort complètement de la vision classique que l'on avait de l'enfance. Les textes des années 1930 étaient bourrés d'amour et de bons sentiments mais ils considéraient l'enfant comme un être fragile qu'il fallait protéger des mauvais traitements, des viols et de la malnutrition. La convention de 1989 affirme pour la première fois que l'enfant est un être de droit dès sa conception. Il ne peut pas les exercer tout de suite mais toute l'enfance est scandée par la prise en compte progressive de sa maturité. Cette philosophie est malheureusement absente de L'Album, qui insiste plus sur la protection que sur les droits."

Pour Dominique Versini, cette controverse est une "tempête dans un verre d'eau". "Les droits d'expression, de réunion et d'association, qui sont très importants, sont bien évidemment présents dans L'Album, répond-elle. Les enfants connaissent mal la convention et le rôle du défenseur des enfants. Il faut donc leur expliquer, mais la convention est un instrument juridique complexe qu'il faut adapter pour qu'ils en comprennent le sens. C'est ce que nous avons fait avec cet album illustré par Astérix. Aller les voir dans les collèges, leur expliquer ce que sont leurs droits, leur dire qu'ils peuvent s'adresser au défenseur des enfants, c'est une façon de les aider à devenir de jeunes citoyens."


Anne Chemin
Article paru dans l'édition du 31.05.07
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